La pub et le monde de la santé: réconciliation en conditionnelle

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La pub et le monde de la santé: réconciliation en conditionnelle

Les soignants et l’utilisation d’un site internet (1/2)

Il y a très longtemps…

Je suis infirmier depuis 1987 et pendant 5 années j’ai exercé la profession d’infirmier à domicile.

Comme pour tout indépendant qui débute son activité, le premier défi et la première étape obligatoire consistent à se faire connaître dans sa région. On commence par faire le tour des médecins, et puis… c’est tout!
En ce qui me concerne, après avoir rencontré la majorité des médecins, il ne me restait plus que la possibilité d’annoncer mon installation professionnelle, et ce pendant maximum 15 jours, grâce aux toutes-boîtes! Toute autre publicité était proscrite.

 

Les médecins, la publicité et leur présence sur internet aujourd’hui

La situation du médecin n’est pas la même que les autres soignants face à la publicité. En effet, chacune des profession dispose de son propre code de déontologie.
L’Ordre des médecins prévoit certaines modalités et restriction par rapport à la publicité, et plus précisément par rapport à la création d’un site internet.

 

La publicité en général

 

En dehors d’une plaque, ou d’un site internet, il ne reste que peu de solutions pour se faire connaître, si ce n’est une participation active aux rôles de gardes.

Le médecin peut-il faire de la publicité? Quelles sont les règles en vigueur? Celui qui désire annoncer au public qu’il débute son activité doit tenir compte, entre autres, des articles 12 à 17 du Code de déontologie médicale. Que disent-ils?

Il faut que:

  • l’information donnée doit être conforme à la réalité, objective, pertinente, vérifiable, discrète et claire
  • l’information donnée ne peut pas être comparative
  • il est hors de question d’utiliser des résultats d’examens et de traitements à des fins publicitaires
  • le “rabattage” de patients est strictement interdit

Quant aux supports, rien n’échappe aux restrictions déontologiques, ni votre plaque de façade, ni votre inscription à un annuaire téléphonique! Par contre, l’inscription dans un annuaire commercial sera très souvent proscrite sauf si, comme dans les annuaires édités par certaines communes:

  • elle est gratuite
  • tous les médecins y sont repris de manière identique

Le médecin peut essayer aussi de se faire connaître par la presse, en répondant à une interview ou en participant à une émission de télévision.  Mais il doit absolument informer l’Ordre au préalable. De plus, si il participe à la réalisation d’un article, il doit le relire pour s’assurer qu’il reflète bien la réalité scientifique.

Vous vous en rendez compte, les limites sont nombreuses et les interdits fréquents tels que:

 

Caducee

  • la publicité trompeuse ou comparative (article 13, § 1, al. 2 du Code de déontologie médicale)
  • les comparatifs d’honoraires
  • les consultations ou prescriptions sur Internet
  • la présentation de résultats d’investigations ou de traitements
  • l’incitation à la réalisation d’investigations ou de traitements superflus
  • la publication de données couvertes par le secret médical sauf si elles sont sécurisées

“L’Ordre interdit également la publication de témoignages de patients et toutes les publications, conférences et autres communications superflues pour le patient”

 

Et les sites internet?

 

La création d’un site internet pour un médecin est elle aussi très encadrée!
Dans ses avis les plus récents, l’Ordre rappelle ainsi, entre autres, que “la création d’un site internet par un médecin, dans le cadre de son activité clinique, ne peut avoir d’autre but que d’informer le public de son activité professionnelle, excluant ainsi toute forme de publicité qui ne respecterait pas les conditions prescrites, qui tendrait à détourner les patients, à limiter leur libre choix, qui atteindrait (sic) à l’intérêt de la santé publique ou au secret professionnel.

 

Pour l’Ordre, le site internet doit donc surtout contenir des informations générales destinées au public, entre autres:

  • Nom, prénom, titres officiels légaux et spécialité
  • Adresse du cabinet et mentions relatives à l’accès (avec éventuellement une photo)
  • Photo du médecin, “aux dimensions raisonnables”
  • Horaires des consultations et visites, conventionnement
  • Des mentions destinées à faciliter la relation médecin-malade et des instructions liées à la continuité des soins
  • Eventuellement un système de prise de rendez-vous, à condition qu’il assure la confidentialité du nom des patients inscrits

 

Les médecins qui disposent d’un site internet ou envisagent d’en créer un sont tenus d’en informer leur conseil provincial. Cette obligation s’impose en fait dès que vous acceptez que votre nom soit mentionné sur un site internet, que ce site soit exploité par vous-même ou par un tiers. Elle concerne aussi toutes les modifications apportées ultérieurement au contenu du site web. Le Conseil provincial examinera la conformité du site web avec les règles déontologiques et les recommandations du Conseil national.

 

En conclusion, je citerai le Code de déontologie médicale, qui “autorise la publicité par les médecins sous forme d’une information conforme à la réalité, objective, pertinente, vérifiable, discrète et claire, dans le respect du secret professionnel médical et de l’intérêt général en matière de santé publique (ainsi, la publicité ne peut inciter à pratiquer des examens et traitements superflus)”.

Source d’information: rubrique “avis” du site de l’Ordre des médecins (www.ordomedic.be).

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Dominique Gaquière A propos de l'auteur

Après plus de 30 ans de carrière dans le domaine médical, je me suis orienté vers un tout nouveau domaine qu'est Internet, le Web, la création de tout site et leur référencement. J'ai acquis de bonnes notions dans le graphisme et la rédaction web! Un vrai plaisir...

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